déc '08/jan '09

Parlons-en

Le CTMP au service de la recherche pour l’industrie

Par R. Rodrigue et A. Prus

 

Appareils de thermogravimétrie et d’analyse thermique différentielle


Bien que tout dernièrement la valeur des métaux soit à la baisse à cause de la crise financière, il reste que globalement ces dernières années, nous avons assisté à de fortes montées des prix. Le nickel n’a pas échappé à la forte demande sur les marchés et sa valeur a même culminé au-delà de 40 000 $ la tonne ! Conséquemment, cette montée des prix a fortement stimulé l’exploration et la mise en valeur de nouveaux gisements de sulfures de nickel.

Les gîtes où le nickel est la principale substance utile, sont associés à de fortes concentrations de sulfures (pyrrhotite, pentlandtite, chalcopyrite) et les corps hôtes sont classés d’après la nature des milieux magmatiques qui les renferment : impact météorique, basalte de rift et de plateaux continentaux, unités komatiitiques et autres corps mafiques intrusifs (troctolite-gabbro-norite) ou ultramafiques (péridotite-pyroxénite-dunite) connexes.

Nous soulevons ici le cas très intéressant des roches hôtes ultramafiques telles les péridotites et les dunites. En effet, ces massifs intrusifs qui renferment des sulfures de nickel, peuvent se serpentiniser. Dans ce processus, de la magnétite est produite et la serpentine peut être massive, sous forme d’antigorite, picrolite et lizardite, et fibreuse sous forme de chrysotile. Bien que la serpentinisation de la roche hôte soit un signe favorable de la présence de sulfures de nickel, elle présente une difficulté particu­lière à l’exploitation du gisement.

En effet, lors des étapes de concassage et de broyage, la serpentine libère le chrysotile et la brucite qui y est associée. Même en faible proportion, ces phases minérales seront très nuisibles et indésirables en milieu sec, elles seront tout aussi nui­sibles en phases humides, puisqu’elles rendent le milieu épais et très visqueux. Si on essaie de procéder à la flottation des sulfures selon les mé­thodes conventionnelles, ce milieu dense et visqueux nécessitera une quantité phénoménale d’agents chimi­ques et de réactifs. Notons, que c’est exactement ce type de propriétés rhéologiques qui a donné dans le passé tant d’utilisations diverses à la fibre d’amiante chrysotile.

Dans le cas présent, on doit absolument mettre en place plusieurs étapes successives de concassage/broyage et d’enlèvement des fibres, d’abord en phase sèche puis en phase humide jusqu’à obtenir un produit à la maille de libération visée pour la flottation des sulfures et qui soit exempt de fibres et de brucite. Même si la teneur en fibres peut exclure toute exploitation commerciale, la conception et la mise en place d’un circuit de traitement exige une expertise particulière qui s’est développée au cours des années dans le milieu de l’exploitation des fibres d’amiante chrysotile.

Le Centre de technologie minérale et de plasturgie inc. (CTMP) de Thetford Mines réalise des travaux et des tests sur la fibre d’amiante depuis plus de vingt ans. Il dispose de l’expertise et des équipements de laboratoire permettant de faire la conception et les essais de développement sur les gisements de nickel qui se trouvent dans des roches ultramafiques. Notons que le CTMP est un centre de transfert de technologie, membre du Réseau Transtech et affilié au CEGEP de Thetford.

Tout le monde est au fait des problèmes que connaît l’industrie de l’amiante chrysotile. Quoiqu’il arrive dans le futur, elle laisse en héritage des savoir-faire et des techniques qui servent à d’autres créneaux de l’industrie.


Richard Rodrique est directeur développement des affaires du CTMP et André Prus est enseignant au département de technologie minérale au CEGEP de Thetford.

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