août 2008

Notre façon de faire

Les pratiques durables : joindre les gestes aux paroles

Par D. Zlotnikov

Restauration du terrain à Elk Valley Coal

Dans le monde actuel, sensibilisé à l’environnement, vous auriez de la difficulté à trouver une compagnie minière qui n’a pas été questionnée sur son dossier environnemental. Cependant, alors que les législations et la sensibilisation du public continuent à établir de nouvelles normes pour l’environnement et la responsabilité sociale, la course a commencé pour atteindre des exploitations plus durables et tous les membres de l’industrie doivent y participer.

« Les compagnies ont toujours été au courant des préoccupations de durabilité et elles les ont gérées, mais souvent de manière implicite », dit Henry Stoch, directeur principal, responsabilité corporative et durabilité chez Deloitte. « L’environnement social et légal actuel demande que cela soit implicitement inclus dans la stratégie des compagnies. »

Le besoin d’une stratégie globale revient à gérer son propre risque. M. Stoch explique par un exemple en Afrique. « La compagnie Anglo American a réalisé que, pour avoir des exploitations viables à long terme, elle devait assurer la viabilité de la communauté locale et de la main-d’œuvre. La compagnie a calculé le coût de traiter les employés séropositifs pour le VIH par rapport au coût de main-d’œuvre perdue et l’effet sur la production et la valeur des actions. Les pertes dépassaient de loin les coûts d’implanter un projet de distribution de médicaments antirétroviraux à grande échelle. »

De telles initiatives sont plus que des démonstrations de bonne conscience sociale d’une entreprise, elles représentent aussi des bénéfices financiers. Selon M. Stoch, les compagnies minières doivent penser plus loin que l’avenir immédiat et considérer les facteurs qui affectent leurs exploitations pour les prochaines années.

Derek Teevan, directeur des affaires corporatives et gouvernementales pour De Beers Canada, explique comment la compagnie a réduit son empreinte pour les exploitations Victor et Snap Lake. Les deux sites reçoivent leurs équipements et leurs approvisionnements surtout en hiver par la route de glace. De Beers a décidé de limiter les envois par avion au personnel et aux denrées périssables afin de minimiser les coûts de transport et la génération de carbone. Cela demande cependant beaucoup de planification et de grandes capacités d’entreposage sur le site même.

L’Association minière de l’Ontario a entrepris un projet de gestion des fuites d’air en 2006. Des études pilotes ont été effectuées à trois mines : McCreedy West, Copper Cliff South et Williams. Ne ciblant que les grosses et moyennes fuites, des économies d’énergie d’une valeur de 100 000 $ par mine ont été atteintes. Cela permettait aussi d’éviter l’achat et le transport de compresseurs supplémentaires.

Des bénéfices hors de notre contrôle surviennent aussi parfois. « Lorsque nous analysions l’impact environnemental de la mine Victor, la seule option semblait la production d’énergie par des génératrices au diesel », dit M. Teevan. « Cependant, avant d’avoir terminé l’analyse, des changements législatifs en Ontario rendaient plus rentable l’amenée de lignes de transport d’énergie. De Beers a repris ses évaluations et a déterminé qu’il était préférable de se raccorder au réseau électrique. »

Page 1 de 2 Suivant
Publier un commentaire

Commentaires

Version PDF