sept/oct 2007

Sables bitumineux

Survol de l’industrie

Par D. Zlotnikov

Courtoisie de Suncor Energy Inc.


Le secteur des sables bitumineux est en plein essor en Alberta. En 2005, il représentait déjà 58 % de la production de pétrole de la province et il pourrait atteindre 80 % en 2020. Selon Ressources naturelles Canada, la production des sables bitumineux devrait quadrupler de 2005 à 2020.

Toute cette croissance en un seul endroit représente des défis. Trente-cinq grandes compagnies déjà actives investissent dans les régions productrices de l’Alberta; des nouveaux projets d’une valeur de 150 milliards de dollars sont au stage de planification ou de construction. Les diverses pénuries ressenties par les compagnies minières à travers le monde sont particulièrement sévères ici, notamment, selon Lloyd Dick, de la Chambre des Ressources de l’Alberta (ACR), la demande pour des ouvriers qualifiés.

Un graphique de la Construction Owners’ Association of Alberta, représentant la main-d’oeuvre travaillant sur les projets de construction industrielle, liste 53 projets qui devraient démarrer d’ici 2011. La demande en main-d’oeuvre, soit 34 000 travailleurs, devrait atteindre un sommet au début de 2009. Selon M. Dick, la demande actuelle est de 18 000 travailleurs et elle est difficile à combler.

Brad Anderson, directeur exécutif de l’ACR, ajoute : « Le graphique n’est que la partie émergée de l’iceberg; il ne liste que les projets valant plus de 100 millions de dollars. Il n’inclut pas les hôpitaux ou les routes. »

« Le pétrole des sables bitumineux est le plus laborieux à extraire et aussi le plus coûteux », dit-il. « Une fois sorti de terre, il est le plus difficile et le plus onéreux à traiter. » M. Anderson signale que le succès dans l’industrie n’est pas le fruit de la chance comme certains le pensent. « C’est grâce aux apports de compétences que les sables bitumineux en sont à leur stage actuel. »

M. Anderson a travaillé avec AOSTRA (Alberta’s Oil Sands Technology and Research Authority), un organisme fondé par Peter Lougheed, alors premier ministre. M. Lougheed nous a dit : « Trouvez comment produire et valoriser les sables bitumineux de l’Alberta. » À cette époque, AOSTRA constituait le plus gros projet de recherche du pays avec un budget de 100 millions de dollars. Les succès de l’AOSTRA comprennent la technologie de séparation gravitaire stimulée par injection de vapeur (SAGD – Steam Assisted Gravity Drainage).

M. Anderson compare la situation avec le développement des schistes bitumineux aux États-Unis, où le soutien gouvernemental n’était pas aussi significatif. « Il est vrai que les schistes sont plus difficiles à développer que les sables. Ils ont abandonné, pas nous. Maintenant, les sables bitumineux représentent plus de la moitié de la production de pétrole de la province. »

L’industrie aussi a cru à la vision. « Au début, il y avait quelques braves compagnies, dont Sun Oil, le précurseur de Suncor », dit M. Anderson. « M. Pew, le président de Sun Oil, entrevoyait la possibilité des sables bitumineux, il a entrepris un projet à risque très élevé. Syncrude, Imperial Oil et Canada Oil Sands ont suivi et ces compagnies en récoltent aujourd’hui les bénéfices. »

L’un des points tournants de l’industrie albertaine a été la création d’un groupe de travail, le National Oil Sands Taskforce. Le rapport du groupe de travail a été diffusé en 1996 après plus d’une décennie de travail. Le Gouvernement de l’Alberta a accepté les recommandations et a établi la politique des redevances sur les sables bitumineux tout en reconnaissant les coûts élevés de travailler les sables. La redevance a été établie à 1 % du prix brut jusqu’à ce qui le projet soit rentable; elle passe alors à 25 % des bénéfices nets.

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