novembre 2007

Great Western prête à extraire le secret le mieux gardé du tableau périodique

Par D. Zlotnikov

Il faut tout d’abord savoir que les éléments des terres rares (ÉTR) ne sont ni des terres ni rares. Le nom a été donné au groupe des lanthanides dont certains éléments sont plus abondants que le plomb. « Le défi n’est pas de les trouver mais de trouver un gisement assez concentré pour être rentable », dit Gary Billingsley, président et directeur financier de Great Western Minerals Group. Il est aussi surprenant de voir à quel point ces éléments sont inconnus étant donné leur grand impact sur notre vie quotidienne.

Les applications existantes comprennent les convertisseurs catalytiques (cérium), les petits aimants puissants (néodyme) et les écrans ACL (yttrium, europium, terbium). Selon un rapport de BCC Consulting, la demande mondiale atteindra plus de 150 000 tonnes d’ici 2010, par rapport aux 100 000 tonnes actuelles, surtout pour des applications dans le domaine des véhicules hybrides et électriques.

Même si la demande croît et que les prix ne chutent pas, l’approvisionnement pose des problèmes. « La Chine fournit actuellement plus de 90 % des ÉTR mondiaux, mais, à mesure que son économie se développe, elle en utilisera de plus en plus pour ses propres besoins », dit M. Billingsley. « Ce pays restreint déjà les quantités vendues aux marchés externes. Les ÉTR sont extraits des résidus miniers d’une mine de fer à Bayan Obo. »

La conception initiale ne comportait pas l’extraction des ÉTR; ils sont donc extraits d’empilements en surface. Un seul autre gisement est toutefois devenu un « désastre environnemental » en raison des exploitations illégales. Le gouvernement hésite à rouvrir ce site qu’il vient tout juste de fermer.

L’objectif de Great Western pour le gisement Hoidas Lake est de satisfaire 10 % de la demande nord-américaine. Une décision sera prise en 2008. Si elle est positive, la demande de permis et la construction devraient être terminées en 2010.

Si tout va bien et que Hoidas Lake respecte son calendrier, la mine fournira 10 000 tonnes annuellement. Trois autres exploitations australiennes pourraient démarrer en même temps. Cependant, tous ces projets combinés ne dépasseraient pas une production annuelle de 25 000 tonnes, laissant un manque du même ordre de grandeur et annonçant une compétition serrée entre les utilisateurs d’ÉTR pour leur approvisionnement.

« Il y a généralement de la radioactivité associée aux terres rares », dit M. Billingsley. « Les gouvernements hésitent parfois avant de permettre leur exploitation. La Saskatchewan a déjà de l’uranium, la question de la radioactivité a donc été traitée. »

Un autre bénéfice est « l’ensemble » des ÉTR extraits. Les prix des ÉTR spécifiques varient du plus fréquent, le cérium, à 20 $/kg, au plus rare, le lutétium, à 6 000 $/kg. « Hoidas nous a surpris avec sa concentration élevée de néodyme », dit M. Billingsley. Les prix en juillet pour l’ensemble était donc d’environ 17 000 $/tonne. « Les prix pour le minerai de Mountain Pass, en Californie, une mine de cérium et de lanthane, seraient la moitié de cette somme. »

En raison de la proximité d’Uranium City et de la communauté autochtone de Fon Du Lac, des infrastructures sont déjà en place. « Cette communauté est très intéressée dans les retombées commerciales potentielles », dit M. Billingsley. « Nous pensons y installer notre concentrateur ».

« Si nous étions à l’extérieur d’une grande ville, comme Saskatoon, cette mine serait une mine de phosphate. Étant donné l’éloignement du site, le volume moindre des ÉTR a été jugé plus économiquement rentable »

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