mai 2006

La mine Britannia

Démontrer au monde entier comment réhabiliter une mine

. Par H. Ednie

Usine de traitement des eaux à Britannia


La Mine Britannia, située à 50 km au nord de Vancouver, en Colombie-Britannique, a été découverte en 1888 par A. A. Forbes.Dans les années 1920, des temps prospères créaient beaucoup d’activité sur le site. Britannia était alors le plus grand producteur de cuivre de l’Empire britannique. Jusqu’à tout récemment, la mine était aussi l’une des plus grandes sources de pollution métallique de l’Amérique du Nord. Les opérations ont continué jusqu’à ce que les coûts élevés et les taxes provoquent la fermeture de la mine en 1974. Depuis, la mine de cuivre abandonnée, les résidus et les terrils déchargent du drainage acide. Cependant, un nouvel avenir est envisagé pour Britannia—le gouvernement de la Colombie-Britannique pilote la réhabilitation du site tout en élaborant des plans pour faire de Britannia une destination éducationnelle et récréative internationale.

Réhabilitation

La mine se situe à proximité de la côte; l’eau de pluie et de fonte nivale entrent dans la mine au sommet d’un mont avoisinant, réagit avec les sulfures et lessive du zinc, du cuivre et du cadmium des gisements de sulfures massifs. Jusqu’à l’automne dernier, cette eau chargée de métaux toxiques s’écoulant de la mine pouvait atteindre un mètre cube par seconde, contaminant les ruisseaux et les plages et mettant en danger la vie aquatique dans la baie de Howe.

« Environ 12 millions de litres d’eau contaminée entraient annuellement dans la baie chargée de près de 600 000 kg de contaminants—l’équivalent de jeter à l’eau 70 millions de cents noires », dit David Rector, directeur général des opérations de Epcor en C.-B.

Golder Associés gère le projet de réhabilitation pour le ministère des Terres et de l’Agriculture de la Colombie-Britannique depuis 2001. Les travaux comprennent la construction d’une usine de traitement des eaux, un nouvel exutoire en mer, des mesures de drainage et de dérivation de l’eau de surface, l’installation d’un système de gestion de l’eau souterraine, des travaux de réhabilitation souterraine et la gestion de plus de 50 000 m3 de sol contaminé par des métaux. Golder a préparé un plan d’ensemble pour la fermeture et la réhabilitation de la mine; incluant une importante surveillance de l’environnement et une évaluation des risques.

« Toutes les composantes majeures du plan de réhabilitation sont maintenant en place », dit Gerry O’Hara, chargé de projet, Golder Associés. « Le système de contrôle et de gestion de l’eau souterraine a été installé en mai dernier et l’usine de traitement des eaux a démarré l’automne dernier. La qualité de l’eau du ruisseau Britannia s’est améliorée par un facteur de 40 du jour au lendemain. »

Un aspect important du plan de réhabilitation est l’usine de traitement des eaux; elle a été conçue et construite par Epcor qui l’exploite présentement. L’usine utilise un procédé de traitement par un lait de chaux à haute densité pour rehausser le pH et précipiter les métaux. L’usine a nécessité un investissement de 15 M$—ajoutez la collecte de l’eau souterraine et une galerie à flanc de coteau et le total atteint environ 20 M$.

La construction de l’usine a débuté en mars 2005; Lockerby Stanley a été l’entrepreneur de construction et Stantec était responsable de l’ingénierie. Il est intéressant de noter que la mine sert de réservoir, permettant à l’usine de fonctionner en régime stable durant toute l’année.

Un projet pilote a permis d’établir la meilleure façon de récupérer les métaux et de se servir des boues de l’usine. « Au lieu de simplement précipiter les métaux, nous retirerons le cuivre qui pourra être vendu à des artistes orfèvres locaux », explique M. Rector.

Epcor s’est appuyée sur son expertise et a construit une micro-turbine au sommet de la mine; cette turbine fournit environ 40 % des besoins énergétiques de l’usine, une solution environnementale et une source peu dispendieuse d’énergie. « Cela concorde avec la philosophie de l’avenir de Britannia—en faire une vitrine du potentiel technologique. »

De grandes quantités de métaux lourds étaient lessivés dans l’eau, incluant le cuivre, le zinc, l’aluminium, le fer, le cadmium et le manganèse. « Le seul métal pour lequel nous n’avons pas encore réussi est le manganèse, mais nous nous approchons du niveau permis », dit M. Rector. « Nous essayons de faire mieux que les règlements, nous serons donc prêts pour la mise en vigueur de nouveaux règlements. »

Les anciens immeubles de l’usine étaient situés sur la plage Britannia et le sol de tout le secteur au sud du ruisseau Britannia était contaminé. À ce jour, 50 000 m3 de sol contaminé ont été acheminés au bassin Jane pour être retournés à la mine. De cette manière, tout lessivage sera capté et envoyé au système de traitement.

Le programme de surveillance continuera au moins pour quelques années afin de démontrer les bienfaits des travaux de réhabilitation et identifier d’autres questions à traiter. Le ruisseau Britannia a probablement toujours eu des niveaux élevés de cuivre car les eaux d’amont passent sur des affleurements de sulfures. De plus, en raison des chutes, le ruisseau n’a sans doute jamais contenu de poissons. « Nous n’obtiendrons probablement jamais de faibles niveaux de cuivre », dit M. O’Hara. « L’enjeu principal pour nous demeure les eaux peu profondes de la baie Howe où habitent des saumoneaux. »

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