Michael Winship : présent et prêt à prendre du service

03-05-2016

Les racines bien ancrées de Michael Winship au sein de l'ICM remontent aux années 1970, lorsqu'il devient membre étudiant de l'institut alors qu'il finit son diplôme de génie minier à l'université McGill. Sa carrière dans l'exploitation minière commence sur le front de taille, le mène dans le monde entier et le place face à quelques aventures en cours de route. Il occupe des postes de direction chez Rubicon, Orvana, Quadra FNX et Hudbay, puis enrichit son expérience à force d'initiatives réussies et de choix difficiles. Aujourd'hui, il prend la tête de l'ICM en tant que président pour l'année à venir. Le Reporter de l'ICM s'entretient avec M. Winship quelques jours avant le #CIMBC2016 pour en savoir un peu plus sur l'homme et sur sa mission au sein de l'ICM.

L'ICM : Vous avez beaucoup voyagé. Avez-vous parfois eu peur de ne pas revenir chez vous ?

MW : [Rires] À une ou deux reprises, je me suis retrouvé au milieu de guerres civiles en République démocratique du Congo et en Thaïlande. J'ai été arrêté par l'armée tanzanienne et un soldat m'a placé un AK 47 sur la tempe sous prétexte que mon appareil photo et moi nous trouvions au mauvais endroit au mauvais moment. J'ai vécu des atterrissages forcés en Bolivie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

L'ICM : Quel parcours ! Avec une telle expérience de voyageur, avez-vous un conseil avisé à partager ?

MW : Assurez-vous d'avoir un rouleau de papier toilette à portée de la main. Vous n'en trouverez pas toujours.

L'ICM : Vous avez eu votre lot de périodes difficiles durant votre carrière. Quelles leçons en avez-vous tirées ?

MW : L'important, c'est de toujours garder un œil sur le long terme, et de ne pas paniquer face au court terme. Les personnes et les sociétés les plus fortes surmonteront les périodes difficiles et en ressortiront mieux armées pour faire face à la reprise. Il faut bien se garder de supprimer des choses qui pourraient avoir des répercussions positives sur votre entreprise sur le plus long terme, comme par exemple l'investissement dans la technologie, les ressources humaines ou les relations avec la communauté et les Premières Nations.

L'ICM : Qu'est-ce qui vous a poussé à accepter le poste de président de l'ICM ?

MW : L'industrie m'a permis à moi et à ma famille de vivre de belles expériences ; nous avons pu découvrir des dizaines de lieux différents dans le monde et ma carrière a été enrichissante et intéressante. Ce poste est l'occasion pour moi de rendre à l'industrie une partie de ce qu'elle m'a donné.

L'ICM : Quelles sont les tâches qui vous attendent ?

MW : Les temps sont difficiles et nous traversons une crise en termes des nouveaux diplômés qui arrivent dans l'industrie ; je crains que nous ne perdions une autre génération de professionnels qualifiés en raison du manque de travail.

J'aimerais aider à promouvoir l'idée de sociétés minières embauchant ces professionnels pour travailler directement dans les mines, les concentrateurs, les fonderies et les fosses, comme c'était le cas à notre époque. J'ai travaillé comme mineur chargé des déblais et remblais à la mine Beaver Lodge d'Uranium City, comme briseur de roches et aussi comme tuyauteur ; j'ai occupé de nombreux postes propres à l'exploitation souterraine, dont superviseur direct. Ces emplois divers m'ont donné de bonnes bases, et pas seulement en termes de qualifications ; ils m'ont permis de travailler avec d'autres personnes et de comprendre ce qui motive ou démotive quelqu'un qui travaille sur le front de taille, ces mêmes personnes qui sont si importantes pour les activités d'une mine.

Nous devons aussi prêter attention aux membres. L'industrie est soumise à une telle pression que nous devons nous assurer que l'ICM reste pertinent à leurs yeux. Je souhaite aussi soutenir et promouvoir les liens entre les sections, le bureau national et les membres de l'ICM.

La diversité entre les hommes et les femmes fait également partie de mes priorités. J'ai eu la chance de travailler avec des femmes de grands talents, notamment la première directrice de concentrateur, la première chef d'équipe, la première femme d'une équipe de sauvetage minier à Sudbury. J'ai essayé, à titre officieux et comme conseiller, de promouvoir l'intégration des femmes dans le monde minier, mais ce domaine reste malheureusement encore une grosse faiblesse de notre industrie.

J'espère également parvenir à susciter un regain d'intérêt dans un groupe de leadership en matière de sécurité au sein de l'ICM. Gord Winkel, Roy Slack, Vic Pakalnis et Glenn Lyle, entre autres, m'accompagneront dans ce projet.