Note à l’intention des membres de l’ICM relativement à la brèche dans la digue à résidus à la mine de cuivre Mount Polley

04-03-2015

Note à l’intention des membres de l’ICM relativement à la brèche dans la digue à résidus à la mine de cuivre Mount Polley

À tous les membres de l’ICM,

Le rapport du comité d’experts indépendant chargé de l’enquête technique sur la défaillance de la digue à résidus de la mine de cuivre et d’or Mount Polley, en Colombie-Britannique, a été publié le 30 janvier 2015. Le rapport complet se trouve ici : www.mountpolleyreviewpanel.ca/final-report (en anglais seulement).

L’ICM tient à remercier les membres du comité d’experts indépendant de leurs efforts et de leur diligence dans la préparation du rapport.

Voici un résumé des principales conclusions1  de l’enquête :

CONCLUSIONS

Le principal facteur de la défaillance a trait à la conception de la digue. La conception ne tenait pas compte de la complexité de l’environnement géologique préglaciaire et sous-glaciaire associé à la fondation de la digue périmétrique. En conséquence, l’examen de la fondation et la caractérisation du site n’ont pas permis de déceler de couche glaciolacustre continue à proximité de la brèche ni de déterminer que la fondation était sujette à une défaillance liée au drainage lorsqu’elle était soumise aux pressions exercées sur la digue.

Les éléments déclencheurs de la défaillance sont attribuables à la construction d’une zone d’enrochement en aval sur une pente forte de 1.3 horizontal à 1.0 vertical. Si la pente en aval avait été ramenée ces dernières années à un niveau de 2.0 horizontal à 1.0 vertical, comme le proposait la conception d’origine, la défaillance aurait été évitée. Au moment de l’incident, des travaux étaient sur le point d’être entrepris afin d’adoucir la pente à un niveau conforme aux critères de conception établis.

SURVEILLANCE RÉGLEMENTAIRE

Le comité d’experts a examiné les rôles et responsabilités du ministère de l’Énergie et des Mines de la Colombie-Britannique (l’organisme de réglementation) de même que ses interactions concernant la digue à résidus de la mine Mount Polley. Le groupe a conclu que des inspections de la digue n’auraient pas pu empêcher la défaillance et que le personnel responsable de la réglementation possédait les qualifications nécessaires pour exercer ses responsabilités. Le groupe a conclu que l’organisme de réglementation avait exercé ses fonctions conformément aux attentes.

L’AVENIR

Le comité d’experts s’est penché sur le profil de risque historique de l’ensemble des digues à résidus en place en Colombie-Britannique et a conclu que l’on devrait à l’avenir adopter un plus grand nombre de meilleures pratiques applicables (MPA), mais également mettre en œuvre les meilleures techniques existantes (MTE). Parmi des exemples de MTE, mentionnons la production de résidus filtrés, non saturés et compactés, ainsi que la réduction de l’utilisation d’écrans aqueux dans un environnement fermé. Des exemples MPA portent quant à eux sur des améliorations au chapitre des responsabilités des sociétés relativement à la conception et sur la création de comités d’examen indépendants sur les résidus. 

L’ICM reconnaît que le Canada jouit d’une réputation à l’échelle internationale pour ses normes extrêmement élevées en matière de conception de digues. Malgré tout, deux incidents de brèches dans des digues se sont produits au cours des deux dernières années : la digue à résidus périmétrique de Mount Polley en août 2014 et la digue de confinement de l’eau à la mine Obed Mountain en Alberta en 2013. 

Nous encourageons également nos membres à consulter communiqué de presse émis par l’Association minière du Canada (AMC) dans lequel elle s’engage à « examiner l’information et les recommandations du rapport en vue de renforcer la sécurité de ces digues. » L’initiative Vers le développement minier durable (VDMD) de l’AMC a été reconnue dans le rapport du comité d’experts comme « meilleure pratique existante en gouvernance d’entreprise ». L’initiative VDMD est conçue pour améliorer le rendement de l’industrie dans d’importants secteurs environnementaux et sociaux. Ses exigences dépassent largement les obligations réglementaires et les membres de l’AMC doivent y adhérer. 

Désormais, l’ICM consultera l’AMC ainsi que d’autres organisations et associations professionnelles et coordonnera ses efforts avec elles afin de promouvoir les normes les plus élevées pour la conception, l’exploitation et la surveillance de digues au Canada. De plus, l’ICM favorisera la discussion et la formation continues par l’intermédiaire de ses conférences, séminaires et publications techniques. Il est à noter que les meilleures pratiques en matière de gestion des résidus miniers seront abordées durant le programme technique lors Congrès de l’ICM 2015 qui se tiendra à Montréal du 10 au 13 mai. La gestion des résidus sera également l’un des sujets importants du Symposium 2015 sur l’environnement et les mines de l’ICM qui se tiendra à Rouyn-Noranda du 14 au 17 juin. La question sera également traitée en détail à la conférence 2015 sur les résidus miniers organisée par l’Institut de génie minier Norman B. Keevil de l’Université de la Colombie-Britannique, qui se tiendra à Vancouver du 25 au 28 octobre (le site Web sera mis en ligne sous peu).

Sean Waller
Président de l’ICM

Fondé en 1898, l’Institut canadien des mines, de la métallurgie et du pétrole (ICM) est la principale société technique œuvrant dans les industries canadiennes des minéraux, des métaux, des matériaux et de l’énergie. Il compte plus de 14 000 membres au Canada et dans le monde. L’ICM œuvre à l’avancement des connaissances ainsi qu’à la promotion du réseautage, de l’innovation et des pratiques durables pour l’industrie minière.


1 Rapport du comité d’experts indépendant chargé de l’enquête technique (Independent Expert Engineering Investigation Review Panel), 30 janvier 2015