Le Canada et l'Afrique resserrent leurs liens à Franco-Mine 2014

12-03-2014
FrancoMine2014 
 Photo by David W. Dorken

À l'occasion du congrès Franco-Mine 2014, l'ICM a une fois de plus animé un débat réussi entre les principaux acteurs de l'industrie minière de l'Afrique francophone et du Canada, et inclut la signature historique par le ministre du commerce international du Canada Ed Fast d'un accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers (APIE) avec le Cameroun. Le développement durable et le renforcement des capacités étaient au cœur des discussions, et l'accent a notamment été mis sur l'importance pour le Canada d'entretenir des relations étroites avec l'Afrique.

La première session plénière dédiée à l'industrie, qui était présidée par Daniel Gagnon (co-vice-président du district Afrique de l'ICM), a offert d'importantes informations sur certaines des difficultés permanentes rencontrées sur le terrain relativement aux mines d'Afrique francophone.

Oumar Toguyeni, vice-président régional d'Iamgold pour les activités d'Afrique de l'ouest et président de la section de Dakar de l’ICM, a évoqué l'inquiétude qu'engendre ces derniers temps la fluctuation des prix des marchandises. La chute de 28 % du prix de l'or s'est traduite par un déclin connexe des revenus, ce qui a poussé M. Toguyeni et ses collègues à envisager d'investir dans différents secteurs.

Avec plus de 20 ans d'expérience professionnelle en Afrique, Benoît La Salle, président et directeur général de Windiga Énergie, a souligné le besoin d’engager les communautés locales entourant les développements miniers. D'après M. La Salle, il est essentiel d'identifier les talents et les compétences pouvant mener à la création d'emplois et de fournir un soutien financier aux initiatives locales, comme par exemple les cas précédents de soutien accordé à une plantation de paprika au Niger et à une fabrique de savons au Burkina Faso.

« Il ne faut jamais oublier que nous devons nous considérer comme des invités et nous assurer que les communautés nous apprécient », expliquait M. La Salle.

Mohamed Cherrat, directeur des ressources humaines et des communications pour le groupe Managem, qui mène ses activités au Maroc ainsi qu'au Burkina Faso, au Congo, au Soudan et au Mali, s'est fait l'écho de ces conseils. M. Cherrat attribue la réussite de sa société, du moins en partie, à un engagement envers le renforcement de l'autonomie des communautés.

M. Cherrat a également évoqué les thèmes importants de la gérance 'environnementale et du partenariat canadien. La société s'est associée aux CEGEP canadiens ainsi qu'à des organisations locales entourant les sites miniers afin d'inculquer aux jeunes les pratiques du développement durable.

Richard Young, président et directeur général de Teranga Gold, a également insisté sur l'importance de collaborer afin de créer de la valeur pour toutes les parties prenantes. À ce propos, il a cité un plan de développement régional entre Teranga Gold et le Sénégal qui devrait procurer des avantages durables aux communautés environnantes et à leurs citoyens au cours des 25 années à venir. M. Young explique que son plan, en cours de développement depuis environ 18 mois, a mené à plus de 100 rencontres avec des représentants du gouvernement du Canada ainsi qu'avec des entreprises locales et des chefs de file des gouvernements.

Durant la session plénière dédiée aux gouvernements, des représentants du Canada et d'Afrique ont exposé leurs points de vue.

Diane Jacovella, sous-ministre adjoint de la section Programmes multilatéraux et mondiaux du département Affaires étrangères, commerce et développement Canada (MAECD), a évoqué la responsabilité sociale en tant qu'objectif pour optimiser le développement local. En Afrique, ceci a impliqué de travailler aux côtés de la Banque mondiale pour s'assurer que des normes commerciales soient établies, et de mener un effort dédié afin de renforcer les capacités chez les jeunes.

Emmanuel Bonde, ministre des mines, de l'industrie et du développement technologique du Cameroun, a présenté les projets d'exploration de son gouvernement pour les années à venir. Le Cameroun souhaite également consolider ses activités afin d'améliorer la structure réglementaire du pays et de renforcer son système judiciaire en vue d'augmenter la sécurité, d'améliorer l'accès aux informations géologiques et d'adopter des mécanismes qui permettront une meilleure traçabilité des produits.

Boubou Cissé, ministre des mines, de l'industrie et du tourisme au Mali, indiquait que la récente crise de sécurité politique traversée par son pays a beaucoup affecté l'économie, mais que l'industrie minière est restée forte. Il a ajouté que la dernière version du code minier du pays, rédigée en 2012, permet aux sociétés étrangères de se conformer aux accords qui sont, à leurs yeux, les plus avantageux. Aujourd'hui, l'accent est mis sur la diversification des activités minières de manière à réduire la dépendance vis-à-vis de l'or et à évoluer vers un développement plus durable.

Salif Lamoussa Kaboré, ministre des mines, des carrières et de l'énergie au Burkina Faso, a exprimé les mêmes préoccupations que celles évoquées durant la session plénière de l’industrie, en insistant sur l'importance de créer des conditions favorables aux populations locales et aux gouvernements locaux, de plus en plus exigeants. Ces efforts ont eu un impact positif sur la croissance du secteur au Burkina Faso qui, comme il le fait remarquer, est un pays où règnent paix et sécurité.

Line Dub é, membre du conseil d'administration de l'Institut canadien international pour les industries extractives et le développement (ICIIED), a résumé l'engagement du Canada en Afrique francophone : « Le secteur minier est certes un moteur du développement, mais le renforcement des capacités au sein de la population est tout aussi important que l'est le partage des revenus provenant d'initiatives minières. »

La signature de l'APIE avec le Cameroun par M. Fast constituait la suite logique des thèmes évoqués dans la journée, et a scellé un partenariat de longue date avec l'industrie dans le but précis d'établir des règles claires pour la résolution de conflits.

« Les sociétés canadiennes reconnaissent qu'un engagement envers la responsabilité sociale des entreprises est également un engagement envers leur propre succès », déclarait-il. M. Fast a également annoncé que le gouvernement canadien avait lancé des négociations sur l'APIE avec le Kenya.

Franco-Mine 2014 s’est clôturé en après-midi avec la conférence d’honneur offerte par Fatimata Dia, directrice de l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD).