Diversité d’opinions au Forum sur les femmes en exploitation minière

08-05-2013
WIM forum 2013

Plus de 100 participants ont pris part à l’inspirant Forum sur les femmes en exploitation minière. Les discussions ont porté sur les lacunes au chapitre de l’emploi des femmes dans l’industrie minière, plus précisément dans les rôles non traditionnels et de haute direction, sur des stratégies d’entreprise pour promouvoir et accroître la diversité, de même que sur une analyse philosophique et sociologique du concept du genre.

Melanie Sturk, directrice, Conseil des ressources humaines de l'industrie minière, a discuté du projet « Prendre des mesures à l’égard de la diversité » de l’organisation, lequel vise à aider les entreprises à partager des plans de diversité fructueux et à concevoir des objectifs et des stratégies pour le recrutement et le maintien d’une main-d’œuvre composée des groupes sous-représentés.

Dean Laplonge, consultant et directeur principal, Factive Pty Ltd., a déclaré que le concept actuel du genre est faussé, car il examine trop strictement les données sur le nombre de femmes au travail. Il a affirmé que les rapports suivent le même modèle : répétition, stagnation et échec. Depuis les 20 dernières années, ils ont été fondés sur la même méthodologie et ont produit les mêmes recommandations, mais « malgré tout, nous ne comptons toujours pas assez de femmes travaillant dans l’industrie minière », a-t-il souligné. « Nous devons réévaluer ce que le genre signifie pour nous. »

M. Laplonge a commencé son exposé : « Gender in a man’s workplace… more than meets the eye » par une anecdote sur une occasion où il a rencontré un groupe d’hommes à un site minier. Ces derniers lui ont dit que les femmes n’étaient pas capables de manipuler un gros boyau. « Ils n’arrêtaient pas de parler de la grosseur et du poids de ce boyau, et comment aucune femme ne pourrait parvenir à transporter ce gros boyau », a-t-il affirmé. « Personnellement, je me disais "Freud aurait beaucoup de matériel à analyser avec ces propos". » Il a ajouté que les hommes lui ont demandé de transporter le boyau, et il a trouvé que c’était trop difficile.

« Je leur ai dit "Pourquoi n’a-t-on pas conçu de boyau plus léger?" et ils m’ont regardé fixement, comme si j’étais une espèce de traître », s’est-il souvenu. M. Laplonge a expliqué que l’excuse des hommes selon laquelle les femmes ne pouvaient pas utiliser une machine n’était pas fondée sur le genre, mais sur une pièce d’équipement à laquelle ils avaient attribué un genre. « Vous avez accordé un genre à cette machine. Vous pourriez en remanier la conception pour en éliminer l’inégalité et permettre aux femmes de travailler avec vous », a-t-il expliqué.

« Nous avons une peur persistante de la féminité au sein de l’industrie », a-t-il indiqué, ajoutant que les ressources humaines, la formation et les communications sont dites de simples « compétences non techniques » pour cette raison. « Nous avons peur de reconnaître l’importance cruciale de ces compétences dans tout milieu de travail », a-t-il déclaré.

M. Laplonge a affirmé que la compréhension du genre encouragera également les hommes ayant une attitude différente à s’impliquer. « Cela aura un effet sur la totalité du secteur minier, ce qui aura une incidence sur la réputation de l’industrie et qui résoudra les problèmes relatifs à l’équité entre les sexes, la pénurie de main‑d’œuvre compétente, la stagnation des idées et le manque d’innovation. »

Pour sa part, Tina Markovic, gestionnaire principale de projet, Préparation opérationnelle, BHP, a indiqué que l’entreprise espérait augmenter la diversité dans le cadre de son projet Jansen d’exploitation de potasse. « Nous visons à créer une main-d’œuvre et un milieu de travail diversifiés et inclusifs », a-t-elle déclaré. « Nous voulons que les gens mettent à profit l’ensemble de leurs qualités au travail afin qu’ils puissent se concentrer sur ce qui a de la valeur et qu’ils puissent contribuer de façon appréciable tout en étant authentiques ».

Richard Ross, ancien chef de la direction d’Inmet Mining, a souligné que les conseils d’administration doivent éviter de se contenter d’une représentation symbolique pour la diversité. Sylvia Apostolidis, consultante et directrice principale, Catalyst Canada, a discuté de la façon dont l’avancement des femmes s’avère un investissement rentable. Quant à elle, Claire Beckton, directrice administrative du Centre for Women in Politics and Public Leadership du Carleton University, a animé une discussion, et le groupe d’experts a répondu aux questions de l’auditoire. Catharine Shaw, gestionnaire du programme des clients de l’industrie minière pour Golder Associates, a présidé l’événement. Le forum a été suivi d’une réception.

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