Le laboratoire COSMO de planification stochastique des mines se concentre sur l’optimisation mondiale d’actifs en cas d’incertitude

10-07-2013

Le 20 juin, 45 professionnels et universitaires de l’industrie minière mondiale se sont retrouvés à l’Université McGill à Montréal, au Québec, pour entendre parler des derniers résultats des chercheurs du laboratoire COSMO stochastique à la journée technologique semestrielle.

Le laboratoire, créé en 2006 par Roussos Dimitrakopoulos, professeur à l’Université McGill et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le développement durable des ressources minérales et l'optimisation en cas d’incertitude , avec l’appui de six partenaires de l’industrie minière (AngloGold Ashanti, Barrick Gold, BHP Billiton, De Beers, Newmont Mining et Vale), a pour but d’optimiser le développement des ressources dans des conditions d’incertitude en mettant en œuvre des modèles mathématiques et des analyses de risques  dans le cadre de la planification minière, la conception et l’ordonnancement de la production. Cette année, le thème de la conférence était l’optimisation mondiale des actifs des complexes miniers à ciel ouvert.

« Notre travail a pour but d’optimiser conjointement de multiples mines, des types de matériaux et de multiples flux de traitement du minerai et des déchets pour un groupe diversifié de marchandises et de complexes miniers », explique Monsieur Dimitrakopoulos. « Il prend en compte les piles de stockage, le mélange dosé, le transport et de multiples produits. C’est un changement de paradigme de l’optimisation ‘local’ d’une seule mine ou d’une seule usine de traitement. Nous tâchons de trouver des méthodes qui nous permettent de simuler des scénarios mettant en jeu différents teneurs de têtes et types de matériaux dans chaque mine, ce qui nous permet par la suite de gérer l’incertitude dans les teneurs de tête et dans les types de matériaux qui alimentent les flux de traitement (les usines de traitement, le transport) d’un complexe minier. »

Les recherches de COSMO semblent être à l’avant-garde de la planification minière. L’intérêt des représentants des partenaires de l’industrie a été accroché par les présentations et ils avaient hâte d’explorer comment les nouvelles technologies pourraient être adaptés aux besoins de leurs projets.

« Depuis longtemps, nous n’optimisions que le plan de mine. Aujourd’hui, l’équipe de Roussos optimise le plan de mine, le plan de traitement, et le plan de la chaîne d’alimentation », explique Leo Fusciardi, directeur technique chez De Beers Canada Inc. « Ça, c’est quelque chose que certaines sociétés minières à la fine pointe étudient actuellement pour essayer d’extraire la valeur maximale de leurs corps minéralisés. »

D’après Monsieur Fusciardi, des risques accrus et des coûts d’investissement croissants obligent les entreprises à mettre en œuvre une pensée avant-gardiste dans le domaine de l’optimisation. « C’est une affaire critique pour De Beers », dit-il. De Beers a déjà tiré un bénéfice de certaines recherches de COSMO dans le passé.  « Nous avons entrepris plusieurs projets avec Roussos et son équipe pour améliorer notre méthode pour évaluer les teneurs de tête en nous penchant sur les mathématiques derrière l’évaluation des micro-diamants », explique Monsieur Fusciardi. De Beers utilise les micro-diamants tirés d’échantillons plus petits et plus économiques pour prévoir la quantité des diamants plus grands et ayant plus de valeur dans un gisement. Les étudiants de COSMO ont été engagés pour améliorer l’analyse mathématique et statistique qui appuie cette technique à la fine pointe de l’industrie.

De Beers n’est pas la seule entreprise qui s’implique dans le travail de COSMO. AngloGold Ashanti appuie COSMO depuis sa création, et cette entreprise a intégré les technologies développées par Roussos et son équipe de recherche sur des sites à travers la planète. « Aujourd’hui, nous utilisons des modèles quantifiés d’incertitude géologique pour quantifier le risque dans le cadre de tous nos projets à long terme », dit Vaughan Chamberlain, Premier vice-président de la géologie, la métallurgie, les affaires et le développement technique chez AngloGold Ashanti. L’entreprise participe également à l’initiative 2013 de COSMO pour soutenir l’éducation dans les pays en voie de développement, ce qui comprend, entre autres, une contribution de fonds  à la bourse MSc du Consortium COSMO en géostatistique et en optimisation de la planification minière en cas d’incertitude   à l’Université du Witwatersrand à Johannesburg, en Afrique du Sud.

Un autre partenaire industriel, Newmont, considère que COSMO constitue un atout indispensable pour l’industrie. En plus d’avoir mis en application des concepts et des technologies issus du labo sur le site, Newmont a pu embaucher des candidats qualifiés  dans la poule d’étudiants des cycles supérieurs de Rousso. « Aussi, nous formons régulièrement notre personnel  à travers les programmes de développement professionnel de COSMO, que nous appuyons de plusieurs manières », dit Marcelo Godoy, directeur de groupe en modélisation des ressources et en services techniques chez Newmont. « Nous considérons que COSMO est unique dans sa capacité de comprendre et mettre en œuvre des changements de paradigme dans des aspects divers d’évaluation minière et de prévision de la production. »

D’après Monsieur Dimitrakopoulos, les six partenaires de l’industrie représentent 75 % de l’activité minière sur la planète. Cette année, les résultats des recherches seront également partagés via des webinaires avec les six  partenaires. Les conférences et les présentations seront publiées au domaine public en juin 2014.